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La jalousie
Tous les amoureux ont un jour connu la jalousie, subie ou ressentie. C'est un sentiment que Freud lui-même décrivait comme normal et courant : dès l'enfance, nous avons besoin d'être aimés, et même préférés. Et cela dans la plupart des cultures. Mais entre jalousie et pathologie, il y a tout de même un écart...
La jalousie amoureuse est un mélange de peur et de colère, engendré par l'insécurité concernant sa propre valeur. Considérée comme l'un des principaux fléaux de la vie en couple, la jalousie est aussi nécessaire que dangereuse. Éprouver ce sentiment quand on est amoureux est plutôt normal, mais entre espionnage et naïveté, il convient de savoir la modérer. La jalousie excessive et incontrôlable peut construire un véritable enfer dans une relation.
Le jaloux (ou la jalouse) a peur de voir quelqu'un prendre sa place dans le cœur de l'être aimé. Sa sécurité affective est en danger et la peur cède vite la place à la colère à l'égard de celui ou celle qui la suscite.
On éprouve de la jalousie lorsque l'être aimé éprouve une attirance pour quelqu'un d'autre, ou bien lorsqu'un tiers pose un regard tendre sur l'autre... ou encore lorsqu'il existe un lien très fort entre celui ou celle qu'on aime et son enfant !
Dans tous les cas, cette jalousie révèle la peur de perdre le bénéfice de la relation amoureuse. On ressent une menace, un danger, qui nous renvoient à notre propre capacité de séduction. Sera-t-on à la hauteur de la concurrence ? L'insécurité affective s'installe.
Pourtant, ce sentiment n'est pas forcément malsain. Il permet de cerner ses besoins et témoigne de l'importance que l'on éprouve à l'égard de l'autre mais aussi de celle qu'on aimerait avoir à ses yeux. Il convient donc d'identifier ce que cache la jalousie : à la fois l'importance de l'autre et les frustrations affectives qui l'alimentent. C'est finalement un problème très personnel, qu'on reporte sur les autres.
En versant dans l'excès, la jalousie devient pathologique, provoquant un comportement destructeur. Possessive et paranoïaque, la personne jalouse peut devenir rapidement obsessionnelle. La menace de perdre l'être cher entraîne une réaction d’agressivité et de haine, accompagnée d'une baisse de l’estime de soi. Les soupçons sont permanents, les réflexions pesantes et la vie de couple se transforme en cauchemar.
Présente chez les deux sexes, cette forme de maladie revêt cependant des formes plus aiguës chez l'homme : le moindre événement anodin déclenche de grandes scènes. La jalousie pathologique est chronique et incontrôlée. Sous sa forme névrotique, elle est obsédante et compulsive. Sous sa forme psychotique, elle s'accompagne d'agressivité voire de violences. Il faudra dans ce cas consulter un psychologue.
